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Le vase

Le week-end a été éprouvant. Moralement, faisant face à la mort de Dominique, cela a eu un effet électrochoc. Une question de grosses pierres, de gravier, de sable. Je vais vous expliquer.

Atteint plus que je n’aurais imaginé, il fallait que je sache jusqu’où je pouvais aller physiquement. Je me suis donc épuisé tout le week-end : sortie, alcool, drague, baise. Le peu de repos que je me suis accordé servait seulement à recharger les batteries pour recommencer. Dimanche soir, mon corps a capitulé. Du coup, j’ai fait passer un très mauvais week-end à mes amies TeTelle et Coccinelle qui se sont inquiétées, même si je leur avais assuré que tout allait bien se passer. Juste une question d’habitude.

Il s’est passé des choses importantes dans ma vie ce week-end. Des signes envoyés, des preuves incontestables mises en avant, qui chamboulent un peu l’ordre établi des priorités. Je vais tenter de vous imager cela, avec les moyens que m’offre ce blog.

Un professeur devait nous enseigner un jour la gestion des priorités. Il n’avait qu’une heure et la rumeur insistante disait que ce monsieur avait une capacité à vous faire réfléchir sur des fondements qui paraissent pourtant acquis, mais qui ne le sont pas.

Il s’installe derrière son bureau de professeur et sort un grand vase, cylindrique, qu’il pose devant lui. Il nous salue et commence à sortir d’un sac en jute des grosses pierres qu’il dispose avec soin dans le vase. Il répète l’opération afin que le vase soit rempli de grosses pierres, jusqu’à son bord. Il s’arrête, nous regarde et nous demande :

« Le vase est-il plein ? »

Jeunes étudiants, imberbes de connaissances que nous étions, ne sachant pas où il voulait nous amener, nous avons répondu collégialement que oui. A ce moment, sans répondre, il sort un autre sac qu’il ouvre précautionneusement, et commence à déverser dans le vase rempli de grosses pierres des gravats. Ils se faufilent entre les grosses pierres, remplissent les espaces laissés vides. Il continue l’opération jusqu’à remplir le vase. A nouveau, il s’arrête, nous regarde et nous demande :

« Le vase est-il plein ? »

Bien sur que non. Puisque les gravats laissent encore des espaces de libre. Satisfait de sa première démonstration, il sort un sac de sable, qu’il ouvre et qu’il déverse dans le vase, jusqu’à raz bord. Mais le vase n’est toujours pas au maximum de sa capacité. Il sort une grande cruche d’eau et verse son contenu dans ce fameux vase.

« Cette fois-ci, le vase est plein. Nous avons chacun nos grosses pierres, nos gravats, notre sable et notre eau. Si vous versez l’eau en premier, vous allez incontestablement faire déborder l’eau du vase lorsque vous allez disposer les pierres, les gravats ou le sable. Idem, si vous procédez avec les gravats ou le sable en premier lieu. Sachez disposer au mieux vos grosses pierres afin d’optimiser l’espace de votre vase, comblez ces espaces par des gravats, déversez du sable et finissez par de l’eau. Mais commencez toujours par les grosses pierres ».

Il laissa le vase sur son bureau, nous salua, et sortit de l’amphithéâtre.

Mes grosses pierres ont bougé ce week-end. J’ai failli ne pas revenir sur ce blog, disparaître numériquement, parce que ça n’est pas une pierre. Mais finalement, m’avoir poussé un peu à bout, physiquement, m’a permis de remettre en place de manière optimale ces grosses pierres. Mais le gravier et le sable que je verse, n’ont plus la même place qu’avant. Ils ne comblent plus les mêmes espaces qu’avant ce chamboulement.

Il va donc y avoir des changements radicaux dans mes attitudes, dans mes attentes, et dans les réponses que j’attends de ces attentes.

Tag : TeTelle, Coccinelle, Ambiance

~ par Monsieur G. sur mars 17, 2008.

4 Réponses to “Le vase”

  1. J’aime beaucoup cette “histoire”… vraiment. Ca fait écho avec ce que je ressens…

  2. Merci pour le compliment et la “réalité” du ressenti.

  3. Et bien bonne chance à vous…

  4. C’est fermé là-bas, alors je vous le dis ici … vous allez me manquer …

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